1 avril 2017 Témoignages

Témoignages 20 ans de L’ENVOL : “L’ENVOL a changé leur vie…”

Alizée Lefebvre a été une enfant malade régulièrement opérée à cœur ouvert. Elle est aujourd’hui bénévole au sein de L’ENVOL.

Elle avait huit ans quand L’ENVOL lui a permis de se faire des amis et de trouver confiance en elle au cours de vacances inoubliables. À l’occasion du 20e anniversaire de l’association, cette bénévole pas comme les autres raconte son parcours et sa mission de bénévole aujourd’hui. Une histoire de cœur, tout simplement.
1991 : naissance avec sept malformations cardiaques qui l’obligent à subir régulièrement des opérations à cœur ouvert
2000 : premier séjour à L’ENVOL
2006 : transplantation cardiaque
2014 : premier séjour à L’ENVOL en tant que bénévole
2017 : études en école d’infirmière à Versailles après un master de droit

Quand avez-vous découvert L’ENVOL ?

J’ai connu L’ENVOL grâce aux hôpitaux, donc  depuis que je suis enfant. Je suis née avec une maladie cardiaque très grave qui m’a obligée à être hospitalisée quasiment en permanence jusqu’à mes cinq ans. Pendant cette période, j’ai subi de multiples opérations à cœur ouvert. Avant ma transplantation cardiaque en 2007, j’avais sept malformations cardiaques. Jusqu’à mes un mois, les professionnels de santé étaient certains que j’allais mourir. Nous sommes dix-huit dans le monde à être nés comme ça.

Que vous apporte L’ENVOL en tant que bénévole ?

L’ENVOL m’apprend à mieux me connaître. J’ai été une fois bénévole activité. Je pensais que la créativité, ce n’était pas mon truc. En fait, si ! Portée par les enfants et par l’équipe, je fais des choses dont je ne me pensais pas capable. J’apprends à connaître aussi mes limites. Tout le monde ressort différent d’un séjour à L’ENVOL. Les enfants et les bénévoles apprennent forcément quelque chose sur eux-mêmes, quelque chose qui va contribuer à leur bien-être, à leur estime d’eux-mêmes et à leur confiance en eux et dans les autres.

Est-ce que L’ENVOL a eu une influence sur votre choix de devenir infirmière ?

Tout à fait ! Quand je suis passée de l’autre côté du miroir, en août 2014, en devenant bénévole, je me suis rendue compte de tout le travail qu’un adulte peut accomplir auprès des enfants malades. Durant cette première session, il s’est passé quelque chose. Quand j’ai vu les enfants se donner les moyens de monter le mur d’escalade, je me suis dit « Si eux sont capables de le faire, moi je suis capable de me bouger et d’aller vers ce que j’ai vraiment envie de faire. J’ai réalisé que je m’ennuyais dans la vie. J’ai eu la certitude que j’étais faite pour m’occuper de ces enfants et pas pour être dans un bureau, la tête dans le code du Travail. Quand j’ai vu le travail accompli par les bénévoles de L’ENVOL en une semaine, j’ai réalisé qu’en une carrière de soignante, je pouvais espérer faire beaucoup de choses bien. J’ai commencé mon master 2 de droit en septembre, mais en octobre, j’ai tout lâché pour préparer les concours infirmiers. Aujourd’hui, je suis étudiante infirmière à Versailles.

Que vous a apporté l’association en tant qu’enfant malade ?

L’ENVOL a changé ma vie. Quand j’étais petite, les relations avec les enfants de l’école étaient très compliquées. Je ne pouvais pas faire de sport ni participer à la récréation. Je n’étais pas intégrée. Le seul moment où j’étais vraiment bien, c’était à L’ENVOL. Mon premier séjour à L’ENVOL a eu lieu en 2000 quand j’avais huit ans. C’était la première fois que je partais en vacances sans ma famille. Ça n’a pas été la dernière puisque j’ai participé ensuite à presque toutes les sessions jusqu’à 2005. En 2005-2006, j’étais sur liste d’attente pour une transplantation cardiaque. Je n’avais même plus la force de profiter de L’ENVOL. Je suis revenue après ma transplantation cardiaque en 2007 pour ma dernière session. J’avais quinze ans, presque seize.
A L’ENVOL, je pouvais participer à toutes les activités. Tout était fait pour que je puisse le faire. Il était hors de question que j’en loupe une et c’est d’ailleurs à L’ENVOL que j’ai appris à nager. J’ai appris à être plus autonome. Quand je rentrais chez moi, j’avais moins peur.

Comment pourriez-vous résumer un séjour à L’ENVOL ?

Par le mot « défi » ! Parce que les séjours à L’ENVOL sont un défi à la maladie. Et aussi parce que le défi est au centre de la Thérapie Récréative. La Thérapie Récréative est une approche unique mise en œuvre par l’association et ses bénévoles. Cette approche repose sur la conviction qu’une personne atteinte par un handicap ou une maladie développe ses capacités de résilience en étant active. Au cours de la thérapie, l’enfant est invité à relever un défi en étant en permanence accompagné et encouragé par un adulte. C’est ainsi que les enfants reprennent confiance en eux et luttent contre l’isolement et la perte d’estime d’eux-mêmes.

Quel est votre plus beau souvenir en tant que bénévole ?

Une petite fille qui n’était pas dans mon groupe est venue me trouver à la fin d’une session, le jour du départ. Elle m’a dit :
« Tu sais, plus tard, moi je veux faire comme toi.
– C’est-à-dire ?
– Je veux être bénévole. »
« Sur la photo, j’ai l’air contente. Je suis la toute petite fille à droite. Nous sommes en 2000 et L’ENVOL organise un séjour au château d’Echouboulains. Pour une fois, je ne me cache pas face à l’objectif. Je suis souriante. J’ai passé un après-midi dont je me souviens encore dans les moindres détails aujourd’hui. Nous avons peint un mur extérieur proche de la salle d’arts plastiques.
Il faisait beau. La petite fille malade que j’étais venait de réaliser que tout pouvait devenir possible à L’ENVOL, même mettre ses mains dans la peinture ! »