21 juin 2017 Témoignages

Témoignages 20 ans de L’ENVOL : “L’ENVOL a changé leur vie…”

Abdou a été atteint d’un cancer à l’âge de 10 ans.

Il raconte comment L’ENVOL a changé sa vie en lui permettant d’oublier sa maladie. Et pas seulement ! Ses séjours à L’ENVOL l’ont orienté vers des responsabilités associatives. Son choix de devenir avocat n’est pas non plus étranger aux valeurs d’optimisme et de fraternité que l’association a ancrées en lui.

1992 : Naissance
2002 : Diagnostic de cancer du système lymphatique, le lymphome
2003 : Premières vacances à L’ENVOL en tant que bénéficiaire
2011-2016 : Interventions à L’ENVOL en tant qu’animateur et avec ses groupes de danse hip-hop
2016 : Obtention de son master 2 de droit
2017 : Inscription à l’école d’avocats de Poitiers

Comment avez-vous connu L’ENVOL ?

J’avais 10 ans. J’étais atteint d’un lymphome. Je venais de quitter une chambre stérile à l’hôpital Robert Debré pour un centre de Pédiatrie et de Rééducation dans les Yvelines. Là-bas, des enfants qui étaient déjà partis avec l’association se passaient les cassettes vidéo de L’ENVOL. Parfois, nous étions jusqu’à une vingtaine de gosses à regarder les images de leurs vacances avec l’association. Ces séances m’ont donné envie d’aller à L’ENVOL. Après des mois passés dans une chambre d’hôpital en aplasie, sans voir le jour et sans scolarité, mes premières vacances à L’ENVOL ont été une libération. A partir de ce moment, je n’ai jamais loupé une session. Quand j’ai eu 18 ans, je ne pouvais plus aller à L’ENVOL en tant que jeune accueilli. Du coup, j’y suis revenu en tant qu’animateur danse et avec mes groupes de danse hip-hop The Answer (Paris) et Otam (Poitiers).

Quels sont vos plus beaux souvenirs à L’ENVOL en tant qu’enfant ?

Le quad, la montgolfière… Il y en a tant ! Mon plus beau souvenir est sans doute mon baptême de l’air. Pour les jeunes qui n’étaient jamais montés dans un avion, faire son baptême de l’air dans un petit avion implique qu’on ressent des sensations dix fois plus puissantes que dans un avion de ligne. C’était vraiment que du bonheur, de voir tout le monde sourire ! J’ai aussi un très bon souvenir des animations « cabaret ». Les enfants montent sur scène pour prouver que la maladie ne les empêche pas d’avoir du talent. Danse, chant, arts martiaux, jonglage, théâtre… A chaque cabaret, on a des surprises !

Avez-vous des contacts réguliers avec des personnes de L’ENVOL ?

Je garde contact avec pas mal de personnes de mon âge et des animatrices. Je sais que certains sont mariés, ont des enfants, travaillent… Chacun mène sa petite vie. Je viens de manger avec une amie que j’ai connue toute petite à L’ENVOL. J’ai appris qu’elle allait avoir un enfant malgré son diabète. C’est un message magnifique d’espoir et de courage.

Avez-vous des valeurs qui vous viennent de L’ENVOL ?

Bien sûr ! Toujours garder espoir, ne jamais abandonner ! Et surtout, les valeurs de partage, d’amour, de fraternité. Je me souviens très bien que quand un grand frère descendait dire « bonne nuit » à son petit frère à L’ENVOL, toute notre bande l’accompagnait. Son petit frère était devenu « notre » petit frère. L’ENVOL est une grande maison habitée par quelque chose qu’on ne trouve pas ailleurs et pas chez soi. Les mots ne suffisent pas à décrire ce que j’y ai vécu. Ce n’était que du positif. Je conseille à tous les parents de laisser leurs enfants goûter au moins une fois à L’ENVOL et au bonheur d’oublier la maladie.

Que vous a apporté L’ENVOL ?

L’ENVOL m’a apporté une vision moins pessimiste de la vie. Quand on est malade, on se demande « Pourquoi ça m’arrive à moi ? »… On en veut à tout le monde. Puis on comprend que ce n’est de la faute de personne, qu’on n’y peut rien et qu’il faut avancer autrement. Je pense presque tous les jours à L’ENVOL. L’association m’a aidé à me construire et à devenir l’homme que je suis aujourd’hui. Je suis très engagé dans mes études pour devenir avocat et aussi dans la vie associative ! Je suis trésorier d’une association de danse qui fait beaucoup de spectacles auprès des IME. C’est une manière de donner un peu de ce que j’ai reçu de L’ENVOL. Plus tard, j’aimerais assister des associations en tant qu’avocat.

Qu’avez-vous envie de dire à des parents qui s’apprêtent à confier leur enfant à L’ENVOL ?

L’encadrement de L’ENVOL n’est pas un encadrement de centre de vacances lambda ! Le personnel est très conscient qu’il travaille avec des enfants malades. Il y a une infirmerie entièrement équipée dans chaque site d’accueil. Un médecin et deux infirmières sont présents sur le site 24h/24. Leur supervision aide les enfants atteints de cancer ou de maladies chroniques à oublier leur maladie, à s’amuser, à reconstruire leur confiance en eux. Cette attention de tous les instants est aussi efficace que discrète. Quand j’étais un enfant de L’ENVOL, il m’est arrivé bien souvent d’oublier tout à fait ma maladie.

« Comme cette montgolfière, L’ENVOL permet aux enfants malades de s’élever au-dessus de leur quotidien et d’aller vers d’autres horizons. J’ai été un enfant malade dans la nacelle. Et j’y ai repris place quand je suis venu retrouver les enfants en 2016 avec mon groupe de danse hip-hop. Je suis alors devenu (symboliquement) celui qui actionne le brûleur pour que l’air chaud élève la montgolfière. J’ai été celui qui fait décoller les enfants ! »